
Revue de presse internationale
À la Une: les bulldozers à l’œuvre pour détruire les maisons en Cisjordanie
C’est un reportage publié par le journal israélien Haaretz , journal d’opposition qui ne craint pas les foudres du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Il ne s’agit pas, cette fois-ci, des violences commises par les colons contre les Palestiniens de Cisjordanie, mais de celles commises sous l’ordre des autorités israéliennes : « Les démolitions des maisons se multiplient », explique Haaretz . Pour le seul mois de septembre, « 215 Palestiniens se sont retrouvés sans abri, tandis que leur espace vital se réduit comme peau de chagrin », explique le quotidien israélien, qui a interrogé Issa Odeh, un père de famille de 36 ans, qui vivait dans un village au sud de Bethléem, et dont la maison a été détruite. « Ils sont arrivés à 10h30 du matin, raconte-t-il, « une jeep militaire remplie de soldats et un bus transportant quinze ouvriers. Il ne leur a fallu qu’une vingtaine de minutes pour détruire la maison (...) Lorsque la fille aînée d’Issa Odeh, Tulin, 12 ans, est rentrée de l’école à midi, la maison avait disparu ». Ce n’est pas un cas isolé. Haaretz cite un article du site d’information ultra-orthodoxe JDN , selon lequel « l’objectif de cette vague de démolitions est de préparer le terrain pour la réinstallation de familles israéliennes ». Le ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich, qui a ordonné les démolitions, affirme, lui aussi, que ces destructions sont « une étape importante et nécessaire pour consolider la colonisation. » Manipulation ? En France , le mouvement étudiant prend de l’ampleur, émaillé de violences… À qui la faute ? se demandent les journaux français. Les regards se tournent invariablement vers la France insoumise (la gauche radicale), accusée de manipuler les lycéens. Libération cite les propos du bureau du Premier ministre, « s’appuyant sur les services de renseignement français », selon lesquels « le mouvement serait une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultragauche" ». « Proxy », un mot qui agace le quotidien de gauche, car, nous dit-il, « il est en l’espèce, à l’évidence, utilisé dans son acception guerrière, hostile ». Le Figaro prend moins de pincettes pour affirmer que « pris en tenaille par l’ultragauche et les "racailles" des cités, policiers et gendarmes sont au front, pour rétablir le calme, sans provoquer l’étincelle qui ferait chavirer la France dans le chaos ». Pour le quotidien conservateur, « Jean-Luc Mélenchon ( le leader de la France insoumise ) cherche à attiser la fureur lycéenne en vue de 2027 », c’est-à-dire en vue de l’élection présidentielle pour laquelle il est candidat. Le Monde , de son côté, estime que Jean-Luc Mélenchon joue avec le feu : « Soutiens actifs des mobilisations lycéennes tout en dénonçant des violences, Jean-Luc Mélenchon et son parti consolident un électorat, mais se retrouvent aussi associés aux dérives du mouvement », remarque le quotidien. Ce n’est toutefois pas le point de vue du journal en ligne Mediapart , selon lequel « n’en déplaise à celles et ceux qui voient la France insoumise en grand ordonnateur, la mobilisation lycéenne est, en réalité, hors de contrôle ». « Le candidat du désordre » La presse européenne s’intéresse aussi à ce mouvement des lycéens. Le Guardian publie une série de photos de poubelles qui brûlent, de gaz lacrymogènes qui déclenchent des nuages de fumée, d’étudiants avec un foulard sur le nez, qui font face à des policiers, avec ce titre : « Incendie, colère, des centaines d’arrestations : la France est secouée par des manifestations étudiantes ». Le quotidien britannique a recueilli les doléances d’une lycéenne, Sophia, qui énumère « l es griefs des adolescents : manque d’investissement de l’État dans l’éducation, classes surchargées dans des bâtiments vétustes, salaires insuffisants des enseignants », entre autres. En Italie , la Repubblica juge, elle, que « Jean-Luc Mélenchon attise les flammes de la contestation », précisant qu’il a appelé à « intervenir » contre ce qu’il a qualifié de « sauvagerie policière », avant toutefois d’appeler « à la non-violence ». Jean-Luc Mélenchon, que la Repubblica surnomme « le candidat du désordre » pourrait, estime le quotidien italien, « conduire Marine Le Pen (la candidate de l’extrême droite à l’élection présidentielle) à l’Élysée ».

