Le Billet de François Morel
On s'occupe de vos oignons
Je ne veux ici faire le procès de personne, mais une information importante a été négligée par de nombreux journalistes, notamment ici à France Inter, une information qui aurait dû faire les gros titres si l’on avait encore le sens des priorités et qui est largement passée sous silence.
Franchement, ça m’ennuie de devoir inaugurer ma dix-huitième année de chroniqueur sur France Inter en devant faire des remontrances à mes collègues (oui, c’est ma dix-huitième année consécutive à la matinale, on ne voit pas le temps passer, quand j’ai commencé, Gabriel Attal avait tout juste dix-neuf ans, moi-même j’en avais quinze…), mais comment faire autrement ?
Le dimanche 23 août 2026 est une date historique. Ce jour-là, Gérard Larcher (né en 1949, à Flers dans l’Orne – la plupart des personnages considérables sont nés à Flers dans l’Orne) est officiellement devenu membre de la Confrérie de l’Oignon de Roscoff AOC. C’est une nouvelle formidablement porteuse d’espoir, mais qui en parle ? Je regrette qu’à part Ouest-France et Le Télégramme de Brest, on n’ait pas donné à cette information capitale toute la place qu’elle mérite. 
 Parlons de l’oignon de Roscoff 
 L’oignon de Roscoff est rosé. Il est très doux, il est parfumé. Depuis le 18 septembre 2013, il est une appellation d’origine contrôlée. La ville de Roscoff, située dans le Finistère, organise chaque année au mois d’août une fête de l’oignon de Roscoff.
Je ne dis pas que les éditions précédentes étaient nulles, mais la fête de cette année fut inoubliable grâce à la présence charismatique et attrayante de Gérard Larcher.
Gérard Larcher est mon héros. À part lui, je vous pose la question, qui s’occupe encore aujourd’hui de nos oignons ? 
 Lorsque le président de la République, comme un adolescent frétillant, décérébré, déconnecté de la réalité tragique d’un été incendiaire s’amuse sur son jet-ski, quand il devrait appeler à la sobriété, Gérard Larcher, président du Sénat, promeut l’oignon de Roscoff, c’est-à-dire le terroir, c’est-à-dire l’agriculture française, c’est-à-dire la France !
Si le président de la République fait une mauvaise chute en jet-ski, c’est Gégé-les oignons, troisième personnage de l’état qui prend les commandes. 
 Alors, rendons grâce à Gérard Larcher qui, par son sens de la mesure et son refus de la provocation, a toujours refusé de se pavaner sur un jet-ski en affichant ses biscottos. Bien sûr, beaucoup de dames abonnées au Figaro Magazine le regrettent ! Mais Gérard Larcher, impitoyable, inflexible, intransigeant, a toujours refusé, faisant fi de nos convoitises, de s’afficher à moitié nu sur la couverture de Paris Match. Monsieur Larcher, dans le fond, n’a qu’un seul message à nous communiquer : « Je m’occupe de vos oignons. »
En faisant la promotion de l’oignon, monsieur Larcher, tel un Winston Churchill cantonal, nous annonce qu’il faut s’attendre, sinon à du sang et de la sueur, au moins à des larmes.