
La Vie en Chiffres
Novartis perd 2 milliards. Et vend toujours autant !
Faut-il acheter Novartis après la chute de près de 11 % ? Son médicament le plus vendu a perdu la moitié de ses ventes en un an, et le groupe vend toujours autant. Voici comment c'est possible. Le 8 septembre 2026, l'action Novartis a clôturé en baisse de 10,89 %, à 111,80 francs. Tout le monde a donné la même explication : deux essais cliniques ratés à cinq jours d'écart. La vraie histoire est ailleurs, dans une ligne de comptes publiée en juillet et beaucoup moins commentée. On ouvre le géant pharmaceutique suisse en entier. On remonte à Bâle en 1758, dans le seul port du pays, là où une maison de commerce est devenue Ciba-Geigy puis Novartis. Et on comprend pourquoi chaque médicament est un compte à rebours : un brevet protège une dizaine d'années, puis les génériques arrivent et le prix s'effondre. C'est ce qui vient d'arriver à l'Entresto, son traitement contre l'insuffisance cardiaque. Il rapportait 4,6 milliards de dollars sur six mois ; il n'en rapporte plus que 2,5. Et pourtant le chiffre d'affaires du groupe n'a pas bougé : 27,5 milliards, contre 27,3 un an plus tôt. On fait le compte ensemble, montant par montant. Sept traitements récents ont pris le relais et rapportent 3,4 milliards de plus ; le reste du catalogue, qui vieillit aussi, en perd 1,1. On regarde ensuite ce que le rachat d'Avidity Biosciences, payé environ 12 milliards de dollars, a changé au bilan : la dette nette est passée de 21,9 à 39,4 milliards en six mois. Puis on arrive au prix. À 115 francs 10, l'action se paie 19 fois le bénéfice de 2025. Est-ce cher ? Ça dépend de ce qu'on croit des médicaments qui n'existent pas encore. LE RATIO DU JOUR : L'INTENSITÉ DE RECHERCHE C'est la part du chiffre d'affaires qu'une entreprise remet dans la recherche et développement. Deux lignes du compte de résultat, une division, et vous avez le chiffre : chez Novartis, 20 centimes par dollar vendu, soit 11,2 milliards sur 54,5 milliards de ventes en 2025. On voit ce qu'il mesure vraiment — l'effort, pas la réussite —, ses deux pièges, et ce que ces 20 centimes achètent : l'histoire du Glivec, autorisé aux États-Unis le 10 mai 2001 après un examen de 72 jours, et celle d'un patient à qui on donnait trois ans à vivre. CHAPITRES (00:00) Le vent vient de tourner : 11 % perdus en une séance (01:13) Bâle, 1758 : le port suisse où tout transite (02:55) Chaque médicament est un compte à rebours (03:50) Deux milliards perdus, et le total qui ne bouge pas (06:28) La dette double en six mois, et le pari à 12 milliards (07:32) À quel prix se paie l'action aujourd'hui (08:14) L'intensité de recherche, mode d'emploi (09:18) Le Glivec, ou ce que 20 centimes achètent vraiment (10:17) Brevets, bilan, échecs : les quatre risques (11:40) Je tranche : pourquoi je n'y vais pas (14:09) Non, Novartis ne se vide pas. Et Holcim vendredi prochain À ÉCOUTER ENSUITE La semaine dernière : NVIDIA, et le ratio de la conversion du bénéfice en cash — [LIEN SPOTIFY ÉPISODE NVIDIA] Vendredi prochain, on ouvre Holcim, le géant suisse du ciment qui a choisi de se couper en deux. SOURCES Novartis, résultats du premier semestre 2026 (21 juillet) et de l'exercice 2025 (4 février 2026) Novartis, communiqués des essais Lp(a)HORIZON et HARBOR, 4 et 8 septembre 2026 Novartis, acquisition d'Avidity Biosciences, communiqué du 26 octobre 2025 Cours de clôture : SIX Swiss Exchange, 8 et 18 septembre 2026 La Vie en Chiffres est un podcast suisse pour les investisseurs particuliers. Une entreprise ouverte en entier chaque vendredi à 9 heures, avec un ratio expliqué sur le dossier du jour. Tout se comprend à l'oreille : aucun graphique, aucun tableau. Suivez l'émission pour recevoir l'épisode de vendredi. Ce podcast n'est pas un conseil d'achat ni de vente. C'est une grille de lecture pour mieux comprendre la bourse, les entreprises, les chiffres, les risques et vos décisions d'investissement.





