
La Une de la presse cette semaine à Kinshasa
À la Une: les flammes dévorent des élèves à Bukavu, une pègre emporte deux engins stratégiques à Kinshasa
On ouvre avec Tempête de tropiques qui barre sa Une avec ce titre : « Un incendie fait au moins 27 morts parmi des élèves à Kadutu ». Le quotidien rapporte qu’un drame d’une grande ampleur s’est produit sur l’avenue Kasheke, dans le quartier Cimpunda, commune de Kadutu, à Bukavu. Un incendie, dont l’origine reste inconnue, s’est déclaré soudainement, ravageant plusieurs habitations ainsi que des infrastructures scolaires riveraines. Le bilan s’est alourdi au fil des heures : 27 élèves ont perdu la vie et plusieurs autres ont été grièvement blessés. Le journal évoque pour sa part une « RDC face à la loi du feu : après Kinshasa, Bukavu pleure ses enfants ». Le quotidien parle d’une « spirale infernale et meurtrière » qui semble s’être emparée du pays. Le confrère souligne un « deuil avec un bilan effroyable qui ne cesse de s'alourdir, touchant la chair de sa jeunesse . » Alors que la RDC n’a pas encore fini de sécher ses larmes après l’incendie meurtrier de la salle de fêtes Panacée à Kinshasa, samedi dernier, le feu a de nouveau frappé jeudi. Selon le confrère, le drame a provoqué une panique générale dans les écoles voisines Ujamaa et Furaha. Pris de court par la rapidité du brasier, les élèves ont tenté de fuir dans le chaos. La plupart des victimes auraient été « piétinées ou étouffées lors d’une bousculade mortelle ». Plusieurs autres enfants, grièvement brûlés ou victimes d’une sévère asphyxie, ont été conduits vers les structures sanitaires de Bukavu. À lire aussi RDC: l'incendie d'une salle des fêtes à Kinshasa fait au moins une dizaine de morts et de nombreux blessés De la capitale aux provinces, les alertes et les départs de feu se succèdent à un rythme effrayant, traduisant une vulnérabilité critique face aux risques d'incendie, à l'absence de normes de sécurité strictes et à la faiblesse des moyens de secours d'urgence. Le Potentiel titre : « Quand le feu devient un défi de gouvernance ». Pour ce quotidien, les drames de Kinshasa et Bukavu « doivent être regardés comme un signal d’alarme national ». La répétition des incendies, la destruction des maisons et des écoles et surtout la mort d’enfants dans des établissements censés les protéger posent, selon lui, la question de la prévention et de la sécurité civile. Et de conclure : « À Kinshasa et à Bukavu, les flammes ne brûlent pas seulement des maisons et des écoles. Elles mettent à nu les failles de la prévention, de la sécurité civile et de l'aménagement urbain en RDC. Et après ce drame, gouverner par anticipation n'est plus un choix : c'est une obligation ». Sur le volet politique, Econews titre : « Rentrée parlementaire, marche de l’opposition… Kinshasa en sursis : 15 septembre, le jour où tout peut basculer ». Le quotidien souligne la coïncidence entre l’ouverture de la session parlementaire et la manifestation annoncée par la coalition C64 contre un changement de la Constitution. À cinq jours de l’échéance, l’incertitude demeure sur l’autorisation de la marche, le maintien de la rentrée parlementaire et les conditions de sécurité. D'ici mardi, les regards resteront braqués sur le Parlement, mais aussi sur les autorités chargées d'encadrer la manifestation. La rentrée sera-t-elle reportée ? La marche sera-t-elle autorisée ? Les deux événements pourront-ils se dérouler sans heurts. Ouragan estime que « le pouvoir évite l’affrontement ». Le journal rapporte que le chef du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a proposé au président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, de reporter à 18 heures la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire pour des raisons « sécuritaires et préventives ». « La peur a-t-elle gagné les hauts étages de la République ? », s’interroge Ouragan qui pense que « le parti au pouvoir est encore traumatisé par les troubles de la dernière marche de l'opposition à Kinshasa et redoute un bain de sang qui souillerait irrémédiablement l'image internationale du régime. » De scènes de violences devant le Palais du Peuple, temple de la démocratie congolaise, serait une catastrophe diplomatique. À l'heure où Félix Tshisekedi tente de se poser en garant du dialogue national et de la stabilité. Des images de répression sanglante réduiraient donc en cendres sa crédibilité internationale. Au cœur de cette mobilisation : la hantise d'un troisième mandat de l'actuel chef de l'État. La C64 accuse l'Union sacrée de vouloir exploiter la crise sécuritaire pour préparer le terrain à une modification de la loi fondamentale. Le 15 septembre 2026, conclut Ouragan , « s'annonce donc comme un rendez-vous à haut risque . » Et l 'Avenir boucle cette revue avec le vol de « Deux machines de capture des passeports ». Deux appareils servant à la capture des données nécessaires à la délivrance des passeports biométriques ont été dérobés au Centre de capture Infinity, à Kinshasa. Le vol a été constaté par les responsables du centre, selon des sources proches du ministère des Affaires étrangères. Une enquête a été ouverte, lit-on dans l’ Avenir qui indique que « la protection de ces installations ne concerne pas uniquement la continuité du service public, mais également la confidentialité et l'intégrité des données traitées. ». À lire aussi RDC : que doit-on attendre de ce nouveau dialogue national inclusif?

